29 mai 2009
La Ronde revient
La ronde des obstinés interpelle les candidats aux élections européennes
Depuis plus de quatre mois, l'université française connaît un mouvement d'une force et d'une durée sans précédent. Non seulement le gouvernement refuse de nous entendre, mais il s'est efforcé, durant ces dernières semaines, de dépolitiser le débat, de le réduire à la question des validations d'examens, alors qu'il ignore avec constance la totalité de nos revendications, multipliant pressions, menaces, et parfois même actions répressives.
La Ronde infinie écrit une lettre ouverte aux candidats aux élections européennes et reprend ses tours obstinés.
Rejoignez nous nombreux du 2 au 6 juin, de 12h à minuit devant le Panthéon !
Nous sommes obstinés et notre vigilance, infinie.
Inscriptions sur :
http://www.doodle.com/kcsdy84bb2tup5as
rondeinfinie@gmail.com
http://rondeinfinie.canalblog.com/
Ci-dessous la lettre ouverte aux candidats envoyée à la presse (version pdf téléchargeable ICI)
100 heures pour faire de l'enseignement et de la recherche un débat de campagne.
« Il est plus que temps…»
À Mesdames et Messieurs les candidats aux élections européennes du 7 juin 2009,
Pendant près de quatre mois, l’université française a vécu un mouvement de grève, de manifestations, d’occupations, de rondes infinies des obstinés. Nous, qui faisons, pensons, et rêvons l’université, nous, enseignants, chercheurs, personnels et étudiants, affirmons que les réformes actuelles qui atteignent l’université sont permises par la soumission du politique au champ économique.
Pendant près de quatre mois, nous avons fait face à une entreprise gouvernementale de propagande et de dénigrement délibéré de l’université, des hommes et des femmes qui la font vivre, une entreprise de destruction de son image et de sa fonction dans la société.
Pourtant, pendant près de quatre mois, le mouvement de rejet des conséquences de la loi « Libertés et responsabilités des universités » (LRU) s’est renforcé parce que nous en mesurons tous aujourd’hui les vices profonds et le danger mortel qu’elle fait peser sur l’université : présidence toute-puissante, gestion managériale, marginalisation des critères scientifiques dans les prises de décisions, précarisation généralisée des personnels, explosion à terme des droits d’inscription. Cette loi produira en France ce qu’elle a produit partout où les mêmes principes sont déjà à l’œuvre : gestion arbitraire des carrières et des équipes de recherche, dépendance aux bailleurs de fonds privés, cloisonnement des savoirs, destruction de pans entiers de l’enseignement, injustice sociale croissante. Est-ce donc ainsi que l’Europe conçoit l’université et la recherche ?
En effet, à la fois bureaucratique dans son principe, autoritaire dans sa mise en œuvre, et liberticide pour le monde universitaire dans ses effets, cette loi LRU n’est que la caricature française d’un processus qui confronte le système universitaire européen à une transformation et un reformatage, le volet académique de la soumission de l’ensemble de la société à la « main invisible du marché ». Les promoteurs de cette société et leurs artificiers nationaux ont associé à cette opération de destruction le nom de deux des plus anciennes universités européennes, celles de la Sorbonne (déclaration du 25 mai 1998) et de Bologne (déclaration du 19 juin 1999).
Or, ce qu’il est désormais convenu d’appeler le « processus de Bologne » et qui est au cœur de la politique universitaire européenne n’a jamais été discuté publiquement.
Son inscription dans la Stratégie de Lisbonne (2000) a été suivie d’une série de conférences ministérielles et de sommets qui ont renforcé la soumission des acteurs de l’université à des objectifs utilitaristes à court terme.
Ces orientations détruisent l’université comme lieu de formation de citoyens éclairés et pensants, elles entendent forclore les valeurs d’élaboration et de transmission des savoirs sur lesquelles doivent reposer les universités européennes. En faisant mine de valoriser les missions de l’université, elles les nient. En imposant à l’université et à la recherche des règles managériales et des critères de gestion qui ne peuvent lui être appliquées, elles détruisent l’université comme lieu d’élaboration et de transmission d’un savoir libre et non contraint. Enfin, en s’appuyant sur la théorie du « capital humain », ces orientations conduisent désormais à faire payer aux étudiants le prix du désengagement public.
Il est donc temps d’affirmer que le processus de Bologne et la stratégie de Lisbonne ont pour fonction d’introduire dans les universités une concurrence généralisée placée sous les auspices de la rentabilité économique. Il est temps d’affirmer que la notion d’ « employabilité » n’est qu’un outil de destruction des savoirs humanistes qui sont au cœur de notre civilisation. Il est temps d’affirmer que la notion d’ « économie de la connaissance » dissimule la transformation de la connaissance en bien économique. Il est temps d’affirmer que le slogan d’ « adaptation de l’université à la société » ne dit pas que cette société est réduite à sa seule finalité économique.
Aujourd’hui, nous affirmons que l’adaptation de l’université européenne ne passe pas nécessairement par sa réduction utilitariste à l’employabilité de ses diplômés. Nous refusons la soumission de l’université à une logique marchande qui réduit le rationnel à ce qui est utile et calcule l’utilité à l’aune du profit. L’université n’est pas le lieu du pur utilitarisme calculé en termes exclusivement économiques. L'acquisition et l’invention des savoirs est un droit pour tous et ne peut être limité. Le savoir, la création et la recherche ne sont pas des marchandises, mais le bien de tous : ils ne sont pas à vendre.
Dans la dernière semaine de cette campagne, nous, citoyens obstinés qui ne demandons qu’à être éclairés sur vos ambitions pour l’université et la recherche, vous soumettons les interrogations suivantes :
- 1/ L’université a-t-elle vocation à être « gouvernée » comme une entreprise ? Le mariage systématique entre recherche et rentabilité est-il possible et même souhaitable ?
- 2/ Les personnels sont-ils les variables d’ajustement du nouveau modèle de « bonne gouvernance » ? Devront-ils désormais exercer leur métier sous la menace des retraits de financement pour hétérodoxie ou au premier coup de blizzard boursier ?
- 3/ La multiplication des structures bureaucratiques et administratives d’évaluation est-elle la « Nouvelle frontière » de la « qualité » universitaire ? L’émulation académique est-elle d’ailleurs réductible à la « concurrence non faussée » ?
- 4/ L’université doit-elle former des citoyens libres et pensants ou des salariés prêts à l’emploi ? Les étudiants devront-ils pallier le déficit d’investissement public dont nos universités ont souffert depuis près de trois décennies et qu’ils paient d’ores et déjà lourdement ?
En d’autres termes, à l’instar de l’association SLU (Sauvons l’Université) dont nous partageons les valeurs et les analyses, nous vous demandons aujourd’hui à vous, candidats à la députation européenne, une formulation claire de votre vision de l’université de demain. Nous vous demandons également de vous saisir du sujet fondamental qu’est la formation des générations futures de citoyens éclairés et libres. Il est encore temps de faire de la question de l’université et de la recherche, de la formation et de l’éducation un thème majeur de la campagne européenne et d’assumer devant le pays ou de rejeter avec force la soumission complète de l’université, de la recherche et du système d’éducation à la logique marchande et aux intérêts purement économiques.
Nous vous demandons d’affirmer avec la plus grande fermeté que l’éducation, l’université et la recherche sont un service public et non pas des « services », qu’elles ne peuvent en aucun cas être régies par les règles du marché, et d’en tirer toutes les conséquences.
Nous ferons connaître les réponses que vous voudrez bien apporter à nos questions. Nous sommes obstinés et notre vigilance, infinie.
Veuillez croire, Mesdames et Messieurs les candidats, en l’expression de nos sentiments les plus cordiaux.
Paris, le 29 mai 2009.
La Ronde infinie des obstinés
Ronde des rondes
Pour faire de l'enseignement et de la recherche un débat de campagne
Nous appelons les rondes à tourner simultanément Vendredi 5 juin à partir de 18h en plus de leur ronde habituelle, pour une ronde des rondes. Nous-mêmes tournerons quotidiennement de 12h à 24h à partir du 2 juin pour imposer dans la campagne électorale la question de l'enseignement et de la recherche.
Les rondes de Grenoble, Nice, Marseille, Rouen ont d'ores et déjà décidé de participer à cette action.
Rejoignez-nous pour manifester ensemble notre obstination à refuser l'université qu'on nous impose en vous signalant à l'adresse : rondeinfinie@gmail.com
26 mai 2009
Soutien à Clément Onimus
Le 26 mars dernier, lors d'un regroupement de soutien à l'occupation de la Sorbonne, Clément Onimus, doctorant à l'EPHE, a été arrêté. Il est accusé à tort d'avoir jeté une bouteille sur un CRS.
Son procès a lieu ce mercredi 27 mai à partir de 9h à la 24e chambre correctionnelle du TGI de Paris, au Palais de Justice, sur l'île de la Cité, boulevard du Palais.
Il est important que nous soyons nombreux pour lui montrer notre soutien.
25 mai 2009
Nouveau Doodle
Inscription pour la Ronde Intempestive du 2 juin au 6 juin :
http://www.doodle.com/kcsdy84bb2tup5as
pour défendre l'ensemble de notre système éducatif
Mercredi 27 mai, à 14h
une ronde intempestive se produira
110 rue de Grenelle
(rendez-vous Place Jacques Bainville)
Un ministère qui a une passion du secret
Comme l'avait fait Valérie Pécresse avec le décret sur le statut des enseignants chercheurs, Xavier Darcos veut faire passer ses nouveaux décrets sur la mastérisation en catimini. Aucun des points qui nous ont amenés à refuser ce projet et à ne pas remonter de maquettes, n'a trouvé de réponse dans cette énième récriture.
La confusion y tient toujours office de raison et l'imprécation de modèle d'écriture.
La ronde infinie des obstinés se propose donc d'être là pour affirmer notre refus commun et annoncer que nous allons continuer d'opposer à ces décrets une fin de non-recevoir.
Au moment où le débat sur la sécurité à l'école est instrumentalisé par le gouvernement, c'est en effet l'ensemble du système scolaire qui est mis en danger par le ministère.
Mardi 26 mai
MARCHE POUR L'ECOLE
après la manifestation interprofessionnelle
Convergence de marches venant de différents points de Paris
à partir de 18h
le détail ICI
puis
Rassemblement festif et informatif
de
20h à 23h
Rotonde de Stalingrad
22 mai 2009
Marche des obstinés
La Marche des obstinés est partie de Chartres le 21 mai dernier. Elle rejoindra Paris le dimanche 24 mai.
Pour l'occasion, la Ronde des obstinés les accueille.
Rendez-vous :
12h30 Esplanade de la Défense
Au pied de l'escalier de la Grande Arche
14h-16h Mairie de Neuilly
Ligne 1 : Sablon
18h Louvre
Ligne 1: Palais-royal - Musée du Louvre
19h Beaubourg
Devant le musée
19 mai 2009
Appel européen
Chers amis et camarades des universités d’Europe,
Depuis plus de trois mois l’Université française est en lutte.
Pendant plus de mille heures, des milliers de personnes ont tourné place de l'Hôtel de Ville, jadis place de grève, à Paris, pour manifester obstinément leur refus des décrets que veut imposer le gouvernement français aux universités et à la recherche, et plus généralement la loi LRU (Loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités) née du processus de Bologne qui, prenant prétexte de l’harmonisation européenne, vise à faire du savoir une marchandise.
Pour inscrire notre obstination au cœur des élections européennes, du 2 au 6 juin, nous tournerons jour et nuit pendant 100 heures Place du Panthéon à Paris et vous invitons à nous y rejoindre pour manifester la véritable harmonisation de l’Europe de la connaissance et de la culture que nous souhaitons. Nous vous accueillerons plus particulièrement le vendredi 5 juin pour en débattre ; prévenez-nous de votre venue : rondeinfinie@gmail.com
Site : http://rondeinfinie.canalblog.com/
A TELECHARGER
Réactions
Réactions à notre appel européen (ci-dessus)
- Chers camarades,
bien que participant à la ronde des obstinés à Marseille, je tiens à affirmer que je ne partage pas le contenu de l'appel européen notamment vos propos selon lesquels "Pour inscrire notre obstination au cœur des élections européennes (...) et *vous invitons à nous y rejoindre* pour manifester la véritable harmonisation de l’Europe de la connaissance et de la culture que nous souhaitons."
En effet, c'est sur la base d'une constitution rejetée notamment par une grande majorité de français mais appliquée de façon autoritaire par Sarkozy que ces élections vont se dérouler. Par ailleurs, ce sont bien les orientations de l'Union Européenne votées par la majorité du parlement européen (droite et grande partie de la gauche) qui organisent la casse du service public d' éducation. C'est pourquoi j'appelle à l'abstention citoyenne et vous dénie le droit de parler au nom des personnels "de la maternelle à l' université" en lutte, quel que soit le respect dû à ceux qui pensent que les élections européennes pourraient sauver l'enseignement. Seule la lutte au travers d'un rassemblement majoritaire paiera.
Dans un but d'équité, je vous demande de publier ma réaction.
Salutations cordiales.
Luc WAJS.
Cher Luc,
ces élections constituent pour nous un prétexte pour témoigner devant l'opinion publique d'une situation critique. Rien de plus. "Proposer d'en débattre" comme il est dit dans l'appel, ne veut pas dire que nous sommes nécessairement d'accord avec ces élections, le parlement européen, l'harmonisation, etc : il s'agit d'en parler dans le respect de nos diversités de point de vue, de parcours et de sensibilités politiques.
Restons mobilisés, unis et obstinés !
Le comité de mobilisation
18 mai 2009
La Ronde dans Panique au Mangin Palace
Petit passage sur la Ronde dans la célèbre émission de France Inter 'Panique au Mangin Palace' dimanche 17 mai entre 11h et 12h.
Retrouvez l'émission en écoute pendant une semaine ICI
La Ronde au Louvre - Photos
Quelques photos Jean-Claude Saget datant de samedi soir, la Ronde s'était invitée à la Nuit des Musées.
Retrouvez beaucoup d'autres photos sur son album.






